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Sonder les profondeurs de la récession imputable à la COVID-19

Le nombre de personnes infectées par la COVID-19 s’approchantde la barre des 5 millions mardi, Brian Belski, stratège en chef, Placements, BMO Marchés des capitaux, a animé une table ronde avec des spécialistes de la BMO pour faire le point sur la pandémie, notamment Michael Gregory, économiste en chef délégué, BMO Marchés des capitaux et Ben Jeffery, spécialiste en stratégie, taux américains, Titres à revenu fixes, BMO Marchés des capitaux. Un invité spécial, le Dr. John Whyte, médecin en chef de WebMD, s’est aussi joint à l’appel pour discuter des plus récentes évolutions médicales de la semaine.


Le balado Faits saillants COVID-19 de BMO est diffusé en direct sur toutes les grandes plateformes, dont AppleGoogle et Spotify.


Alors que plusieurs régions du monde se dirigent vers le redémarrage de leurs activités économiques et que les restrictions sanitaires commencent à être levées, le Dr Whyte a déclaré que, si la lumière au bout du tunnel devenait de plus en plus forte, le processus sera itératif, et marqué par de nouveaux défis à relever, entre autres la lassitude découlant de la quarantaine et l’imminence d’une crise sur le plan de la santé mentale.

Mardi, le nombre de cas d’infection dans le monde s’approchait de 4,9 millions, dont plus de 320 000 décès signalés. Au Canada, on compte 78 000 cas et environ 5 800 décès, la plupart dans des établissements de soins de longue durée. Aux États-Unis, le nombre de personnes infectées est passé à plus de 1,5 million, et 91 000 décès enregistrés. Plus de 60 % des cas d’infection aux États-Unis et environ la moitié de tous les décès liés à la COVID-19 sont survenus dans cinq États, soit ceux de New York, du New Jersey, de l’Illinois, du Massachusetts et de la Californie.

Mise au point d’un vaccin

Au cours de la semaine dernière, la société Moderna a annoncé un essai clinique de phase I pour un vaccin qui, bien qu’il n’ait été testé que sur un très petit groupe-échantillon, semble être prometteur, augmentant notamment les réponses immunitaires et renforçant certains anticorps. La Food and Drug Administration (FDA) américaine a autorisé la société à commencer les essais de la phase II, qui mobilisent généralement plusieurs centaines de personnes. Moderna prévoit par ailleurs de commencer une étude de la phase III en juillet.

« Il s’agit donc de progrès, et suivant un calendrier accéléré », affirme le Dr Whyte. « Mais n’oubliez pas que de nombreux essais de médicaments n’aboutissent pas, qu’il y a des défis à relever... Tout cela reste hypothétique. Je pense que nous continuerons à en apprendre davantage au cours des prochaines semaines. »

Le maillon faible

En parallèle, nous assistons à un assouplissement des restrictions à l’échelle mondiale.

En Amérique du Nord, les directives de confinement ou de mise à l’abri sur place ont été levées dans presque tous les États des États-Unis; certaines provinces canadiennes commencent aussi à assouplir les restrictions.

Le Dr Whyte affirme que les chiffres continueront d’augmenter, et qu’à mesure que les gouvernements et les autorités sanitaires rouvriront les économies, ils devront changer leur façon d’évaluer les données, se concentrant sur des zones géographiques ou des groupes particuliers – on pense ici à des événements sociaux, notamment – plutôt que sur les seuls chiffres à l’échelle étatique ou nationale. À titre d’exemple, il a mentionné certains États, comme le Texas, où un grand nombre de nouveaux cas ont été très localisés, découlant d’événements précis, ou se trouvent dans certaines entreprises, comme les installations de transformation de la viande. « La résistance d’une chaîne se mesure au maillon le plus faible », affirme-t-il.

Selon lui, si elles veulent comprendre l’ampleur de l’actuelle pandémie, les autorités doivent maintenant élargir la portée des tests et ne plus les limiter aux seules personnes qui présentent des symptômes.

« Nous commençons à peine à nous aventurer vers une réouverture », explique le Dr Whyte, notant qu’il est probablement encore trop tôt pour évaluer dans quelle mesure les taux d’infection ont été contenus – que ce soit aux États-Unis, au Canada ou dans le monde – comme la maladie a une période d’incubation de 10 à 14 jours.

La lassitude de la quarantaine et la nouvelle normalité

Alors que le stress de la distanciation sociale continue de s’exercer sur les entreprises et la société en général, le Dr Whyte a déclaré que la lassitude de la quarantaine et la crise de santé mentale qui se dessine constitueront un nouveau défi pour les systèmes de santé.

« La question de la distanciation sociale, de la solitude, de l’insécurité alimentaire sont tous des enjeux qui accentuent les problèmes de santé mentale de gens qui souffrent déjà de certaines affections, créant peut-être même un syndrome de stress post-traumatique », a-t-il déclaré. 

« Pour conclure, je dirais que malgré tout, nous pouvons vraiment voir une certaine lumière au bout du tunnel. Cela ne veut pas dire que tout d’un coup, tout redeviendra comme avant, mais nous commençons à voir une certaine réouverture... une voie se trace pour nous permettre de passer à la “nouvelle normalité” ».

Les données économiques semblent indiquer une récession plus profonde

Michael Gregory, économiste en chef délégué, BMO Marchés des capitaux, a pris la parole, commençant par examiner des données qui pourraient indiquer une récession encore plus profonde que prévu des deux côtés de la frontière.

« Les indicateurs économiques continuent de révéler l’ampleur de la récession aux États-Unis », affirme-t-il.

Si les données sont pires que prévu – la baisse dans les secteurs de la vente au détail, de la restauration et du logement a été presque deux fois plus importante en avril qu’en mars – il explique que les répercussions sur la production industrielle sont particulièrement révélatrices. Le recul dans ce secteur a doublé et plus, de mars à avril, ce qui a entraîné le pire mois depuis que la Réserve fédérale a commencé à produire des données sur la production industrielle en 1921.

« Ce que nous avons traversé en avril a été pire que tout autre mois durant la Grande Dépression », a déclaré M. Gregory.

Selon lui, « les résultats vont probablement se contracter encore en mai, sans toutefois atteindre les niveaux d’avril. Nous allons continuer à voir des pertes d’emplois des deux côtés de la frontière, et les taux de chômage continueront à augmenter ».

Croissance au second semestre

Selon M. Gregory, l’économie devrait reprendre de la vigueur dans la foulée des ouvertures, affichant une croissance annualisée de l’ordre de 25 % à 35 % au second semestre de l’année des deux côtés de la frontière.

L’absence d’un vaccin continuera toutefois de peser lourdement sur la situation, comme certains continueront d’éviter des lieux et des événements par crainte de contagion.

« Une partie de la population évitera les foules, n’ira pas au restaurant, ne prendra pas les transports en commun, n’assistera pas aux événements sportifs, même si on lui permet d’y aller. Et donc, ces segments de l’économie ne vont pas se redresser aussi vigoureusement », explique-t-il

Il a ajouté que les pertes d’emplois, qui ne sont pas entièrement récupérées avec l’ouverture des économies, associées à l’augmentation du fardeau de la dette dans le secteur privé, vont également influencer les perspectives économiques à l’avenir, formant de forts vents contraires à un rebond rapide.

« Ainsi, lorsqu’on additionne le tout, il semble que l’économie ne sera pas aussi robuste que nous le pensions auparavant », a-t-il déclaré, prédisant que l’activité économique ne retrouverait pas sa cadence pré-pandémie avant le quatrième trimestre de l’année prochaine.

« Nous aurons des taux de croissance élevés, mais le trou est assez profond »

Miser sur une réouverture

Ben Jeffery, spécialise en stratégie, taux américains, Titres à revenu fixe, BMO Marchés des capitaux, a noté que les investisseurs mettent désormais l’accent ailleurs alors que les yeux du monde sont rivés sur une réouverture.

« Du point de vue des marchés, qu’il s’agisse de bons du Trésor, d’actions ou d’autres catégories d’actifs, il semble vraiment que les investisseurs ont cessé de se préoccuper des creux que pourrait entraîner une récession pour tourner désormais leur attention vers le redémarrage de l’économie. »

Alors que les investisseurs évaluent la vitesse possible d’une reprise, M. Jeffery a souligné que la fourchette des rendements des bons du Trésor a fort bien résisté au cours des dernières semaines et des derniers mois « en dépit des données économiques parmi les plus mauvaises que nous ayons connues en plus d’une génération ».

Nous pouvons constater la même résilience sur les marchés des actions, selon lui.

« Cela vient du fait que la Fed a agi d’une manière presque sans précédent pour fournir autant d’assouplissement monétaire que possible », explique M. Jeffery. « Et nous avons également vu beaucoup de mesures de relance du côté budgétaire. »

Il a affirmé s’attendre à ce que la forte demande de bons du Trésor américain se poursuive tant que le dollar restera la monnaie de réserve mondiale.

« Donc, alors que l’offre croissante exerce une pression à la baisse sur les bons du Trésor à la marge, nous nous fions davantage aux tendances de croissance et d’inflation à long terme pour fixer définitivement le niveau des rendements », a-t-il déclaré.

Taux négatifs

Pour conclure, M. Jeffery s’est penché sur la question des taux négatifs, qu’escomptent actuellement les marchés à terme, même si le président de la Fed Jerome Powell et la plupart des autres membres du comité fédéral se sont prononcés contre.

Cette dichotomie montre bien qu’il faut s’attendre à d’autres risques à la baisse pesant sur la croissance à l’avenir, d’après M. Jeffery.

Si M. Jeffery était sceptique quant à l’éventualité de taux négatifs, une deuxième vague de la COVID-19 à l’automne changerait ce point de vue.

Le marché nord-américain – une force d’attraction

Brian Belski, stratège en chef, Placements, s’attend à ce que les marchés nord-américains, y compris le Canada, attirent de plus en plus d’investissements alors que pèsent les enjeux liés à la pandémie et à la réouverture de l’économie, et une grande partie de ces investissements proviendra des marchés émergents.

« Nous pensons que l’un des thèmes majeurs de l’avenir est toute la notion d’actifs libellés en dollars », explique M. Belski, soulignant les menaces qui pèsent sur la chaîne d’approvisionnement dans des marchés comme la Chine et d’autres problèmes liés aux marchés émergents qui poussent les investisseurs à se tourner vers l’Amérique du Nord et, dans une moindre mesure, vers l’Europe.

Surperformance canadienne

Les marchés canadiens ont systématiquement dégagé un rendement supérieur à celui de leurs voisins du sud depuis les creux du 23 mars sondés dans la foulée de la COVID-19. Et selon M. Belski, la tendance se poursuivra probablement à court terme, soutenue par le redressement du secteur de l’énergie et par les résultats du secteur de la finance – le plus important du pays – qui continueront d’être publiés au cours des prochaines semaines.

« Pour nous, c’est frappant que la plupart des clients du monde entier passent à côté de l’essentiel, c’est-à-dire que le Canada, jusqu’à la fin de la semaine dernière, a dégagé un rendement supérieur a celui du NASDAQ mais aussi du S&P 500 suivant les creux atteints le 23 mars dernier et, selon moi, cela s’inscrit dans un thème plus large ».

À plus long terme, a-t-il dit, cette tendance s’inversera probablement quelque peu. 

« Nous préférons toujours les États-Unis au Canada, dans une perspective à plus long terme, surtout en raison de la nature plus diversifiée du secteur », a-t-il déclaré.

« La vigueur du secteur de la technologie devrait se poursuivre, et pas seulement parce que le secteur a montré sa force depuis l’amorce de la crise, pendant la crise, et au sortir de celle-ci, mais aussi comme nous voyons une croissance plus importante des bénéfices et une meilleure diversification dans les secteurs des soins de santé, de l’industrie, de l’intelligence artificielle – profitant, bien entendu, de toutes les avancées technologiques dans les soins de santé. »

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Brian Belski Stratège en chef des investissements
Michael Gregory, CFA Directeur général, économiste en chef délégué et chef du Service des études économiques aux États-Unis
Ben Jeffery Spécialiste en stratégie, taux américains, titres à revenu fixe

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