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Le pic de la pandémie de COVID-19 en vue grâce aux mesures d’atténuation

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Alors que le nombre de décès dus à la COVID-19 semble proche du pic en Amérique du Nord et que les marchés continuent d’évoluer en dents de scie, Brian Belski, stratège en chef des investissements chez BMO Marchés des capitaux, a animé une discussion réunissant des spécialistes de BMO sur l’évolution de la pandémie. Ont participé à cette conférence téléphonique George Farmer, analyste spécialiste des biotechnologies chez BMO Marchés des capitaux et Michael Gregory, économiste en chef délégué chez BMO Marchés des capitaux. Le Dr John Whyte, médecin-chef de WebMD, s’est également joint à la conversation pour discuter de l’actualité médicale de cette semaine.                                                                                                          

Le Dr Whyte a d’entrée de jeu expliqué que les mesures déployées pour contenir la propagation de la COVID-19 semblaient fonctionner et que, selon les prévisions, les taux de mortalité devraient probablement atteindre un sommet au cours des deux prochaines semaines au Canada et aux États-Unis.

« Le Canada comme les États-Unis ont expliqué que c’est au cours des deux prochaines semaines que le nombre de décès quotidiens pourrait être le plus élevé », a indiqué le Dr Whyte lors de cette quatrième conférence téléphonique hebdomadaire sur la COVID-19 et sur ses répercussions sur l’Amérique du Nord et sur le monde.

L’atteinte du sommet est importante, a expliqué le Dr Whyte, parce qu’elle signifie que les stratégies d’atténuation fonctionnent et parce qu’elle indique la marche à suivre pour la suite.

« Une fois le pic atteint, on peut penser à apporter certains changements à la stratégie d’atténuation », indique-t-il, en soulignant que le Center for Disease Control américain avait recommandé vendredi de « se couvrir le visage » pour éviter la propagation de la maladie par des personnes asymptomatiques, qui seraient responsables de 25 % des cas de transmission.

Au moment de la conférence téléphonique, on recensait 1,289 million de cas d’infection et 70 000 décès dans le monde.
Aux États-Unis, où plus de 1,8 million de tests ont été effectués jusqu’ici, plus de 337 000 cas ont été déclarés et plus de 9 000 personnes ont succombé à la maladie. La plupart des décès sont survenus dans l’état de New York, suivi du New Jersey, de La Nouvelle-Orléans et du comté de Cook.

Au Canada, on comptait 15 496 cas et 280 décès, dont la plupart sont survenus en Colombie-Britannique, au Québec et en Ontario. Selon les projections, le taux de mortalité global de la COVID-19 au Canada devrait atteindre 0,66 %, ce qui est supérieur au taux de mortalité moyen de 0,1 % de la grippe, mais moins élevé que ce que l’on avait prévu initialement.


Number of COVID-19 Cases in Canada
Number of COVID-19 Cases in Canada

Tests et technologie

L’augmentation du nombre de tests et l’utilisation de méthodes de test plus efficaces, combinées au recours à des technologies de traçage, devraient contribuer à continuer d’aplatir la courbe des infections, selon le Dr Whyte.

« Nous avons de nouvelles stratégies de test, tant diagnostiques que sérologiques, qui vont avoir un énorme impact en permettant une meilleure surveillance et, en bout de ligne, un certain retour à la normale ».

La CDC a également autorisé un nouveau test sanguin permettant de déceler la présence d’anticorps contre le coronavirus à partir de quelques gouttes de sang prélevées au bout du doigt, plutôt qu’à partir d’un prélèvement réalisé au niveau du nez ou de la gorge. Le nouveau test peut montrer si un patient a été exposé au virus et s’il a développé une certaine immunité, et donc s’il peut retourner au travail plus tôt.

Les tests deviennent également plus rapides. Le Dr Whyte a expliqué que les tests par recherche d’anticorps pouvaient désormais fournir un résultat en quelques minutes et qu’ils seraient essentiels pour nous aider à comprendre comment la maladie se répand et à trouver la façon la plus efficace d’enrayer la pandémie. Si on les associe à une technologie de traçage, par téléphone cellulaire, par exemple, pour comprendre où les gens sont allés et s’ils ont propagé la maladie ou y ont été exposés, ces tests constituent un puissant outil d’atténuation.

L’utilisation de ces tests rapides à grande échelle aidera les autorités sanitaires à mieux adapter leurs stratégies d’atténuation et de traitement.

Antiviraux, soins de soutien et vaccins

L’analyste spécialiste des biotechnologies chez BMO Marchés des capitaux George Farmer a présenté trois catégories de thérapies contre la COVID-19 qui sont en cours de développement : les traitements antiviraux, les soins de soutien et les vaccins. Beaucoup de ces traitements peuvent déjà ou pourront bientôt être mis à la disposition des professionnels de la santé avant d’être accessibles au grand public, a expliqué M. Farmer.

Du côté des antiviraux, « nous surveillons particulièrement le potentiel du Remdesivir de Gilead, qui en est actuellement à la phase 3 de son développement et fait l’objet d’autres essais cliniques pour en évaluer l’efficacité ». Le Remdesivir est spécifiquement conçu pour perturber la réplication du virus, technique utilisée avec succès dans les thérapies contre le VIH.

Quant à l’utilisation de l’hydroxychloroquine dans le traitement de la COVID-19, M. Farmer estime que les données sont encore parcellaires. Il a expliqué que les données restaient préliminaires après quatre essais cliniques témoignant d’une certaine activité, mais qu’elles n’étaient pas suffisamment solides pour pouvoir être concluantes.

« Il est très important de ne pas prescrire le mauvais médicament au mauvais patient », a-t-il souligné, « car cela peut être fatal, surtout avec un médicament comme l’hydroxychloroquine, qui est globalement très sécuritaire, mais dont on ne sait pas comment il va se comporter dans le cas de patients atteints de la COVID-19 ».

M. Farmer a souligné l’importance de continuer à tester les médicaments qui semblent prometteurs dans le cadre d’études randomisées et contrôlées, pour en confirmer l’efficacité.

Il existe un autre traitement qui semble prometteur, soit la transfusion de plasma de patients guéris à des patients en soins intensifs. « Il s’agit en gros de transférer le système immunitaire d’un patient à un autre », a expliqué M. Farmer.

Du côté des soins de soutien, M. Farmer a mentionné l’Actemra de Roche et le Kevzara de Regeneron et de Sanofi, qui sont deux anti-inflammatoires prometteurs approuvés par la FDA. Il a souligné que les données préliminaires montraient que ces produits pourraient fonctionner dans le traitement de la COVID-19.

Sur le front des vaccins, il existe plusieurs champs d’intérêt, dont un vaccin à ARN, en cours de développement et de test par l’entreprise Moderna. Le médicament est composé de matériel génétique qui, lorsqu’il est injecté, oblige le corps du patient à fabriquer ses propres antigènes. Il s’est montré efficace lors d’études précliniques sur un coronavirus apparenté, le MERS, et Moderna a indiqué qu’il pourrait être mis à la disposition des travailleurs de la santé à l’automne, puis du grand public d’ici l’été prochain.


United States as of April 6 at 3:30 pm 

United States as of April 6 at 3:30 pm 

Des retombées économiques dévastatrices

Sur le front économique, l’économiste en chef délégué de BMO Marchés des capitaux Michael Gregory a souligné que les chiffres du chômage au Canada et aux États-Unis brossaient un portrait plutôt sombre de la situation.

Aux États-Unis, le taux de chômage est passé de 3,5 % à 4,4 % et le taux de sous-emploi est passé de 7 % à 8,7 %, et ces chiffres n’incluent pas les données des dernières semaines, au cours desquelles les demandes d’assurance emploi ont bondi.

« Le précédent record de chômage aux États-Unis date de décembre 1982; le taux s’était alors établi à 10,8 % et nous attendons à le dépasser », a indiqué M. Gregory.

Au Canada, le dernier rapport sur l’emploi sera publié jeudi et les chiffres devraient être pires, puisqu’ils porteront sur une période légèrement plus longue. Le taux de chômage devrait grimper de 5,6 % à 8,5 % en mars et pourrait s’approcher du record de 13,1 % atteint en décembre 1982 également.

M. Gregory a indiqué qu’il était difficile de prévoir la suite des choses avec précision puisqu’on ne sait pas encore combien de temps la pandémie durera.

Le nouveau « New Deal »

M. Gregory a comparé les mesures de relance budgétaire mises en place aux États-Unis, et notamment les projets d’accroissement des investissements en infrastructures, au New Deal des années 1930. « On est en train de mettre en place des politiques pour se sortir de la pire situation économique qu’on ait connue depuis la Grande dépression », a-t-il expliqué.

Il a souligné que le Canada et les États-Unis présentaient des niveaux de relance similaires, puisque les mesures de relance aux États-Unis représentent environ 11 % du PIB, tandis qu’au Canada, avec les dernières mesures annoncées par le gouvernement fédéral, on est à 10,9 % du PIB.

Marchés : des raisons d’espérer

En ce qui concerne les marchés, le stratège en chef des investissements de BMO Marchés des capitaux Brian Belski a indiqué qu’il y avait lieu de commencer à espérer puisque le taux de mortalité de la COVID-19 en Amérique du Nord pourrait prochainement atteindre un sommet.

« Ces quatre dernières semaines, le Dr Whyte a été très constant dans ses prévisions quant à la date du pic, et les faits commencent à lui donner raison », a indiqué M. Belski.

L’équipe de stratégie de placement de BMO estime donc que la reprise des actions américaines et canadiennes, lorsqu’elle se produira, sera tout aussi exceptionnelle que les marchés baissiers subis des deux côtés de la frontière en raison de l’épidémie de coronavirus.

« Nous pensons que nous allons enregistrer une reprise sans précédent. Il reste à savoir comment et quand cette reprise se manifestera et comment les investisseurs y réagiront ».

Aux États-Unis, des secteurs comme les services de communication, les technologies et certains segments du secteur de la consommation discrétionnaire devraient s’imposer au cours des 12 à 18 prochains mois, selon M. Belski. Au Canada, il s’attend à ce que les services de communication, les services financiers et certains pans du secteur de l’énergie prennent les devants quand les prix du pétrole se redresseront une fois que les États-Unis, l’Arabie saoudite et la Russie se seront mis d’accord sur la production.

« Nous restons convaincus que les actions nord-américaines sont les plus prometteuses en termes de bénéfices, de stabilité des résultats, de résultats d’exploitation, de rendement des actifs et de rendement des capitaux propres, autant d’éléments qui sont beaucoup plus stables et beaucoup plus prévisibles aux États-Unis et au Canada que dans le reste du monde. »

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Brian Belski Stratège en chef des investissements
Michael Gregory, CFA Économiste en chef délégué et premier directeur général

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